La communication (sur)

La communication est une préoccupation forte dans les organisations car communiquer n’est pas toujours simple bien que cela soit essentiel pour travailler ensemble. Chaque jour on peut constater que la communication est difficile. On ne se comprend pas ou on comprend de travers,…, on est jamais assez clair, on est dans le malentendu qui peut tourner à « la prise de tête » ! Chacun reformulant ce que l’autre veut dire sans qu’il semble possible de trouver un accord. Cela suppose parfois de longues et pénibles discussions. Bref, il faut bien constater que le langage qui est tenu comme un « moyen de communication » est un mauvais moyen car il génère des malentendus, des incompréhension, des désaccords. C’est normal ! Car, pour l’anthropologie clinique (Théorie de la Médiation) la communication prend sa source dans le malentendu. En effet, l’entendu n’est pas le dit et on peut aussi supposer que l’on ne sais jamais ce que l’autre entend de ce que l’on dit. Je peux dire ce que je dis mais de ce que je dis vous entendez ce que vous pouvez et ce que vous voulez bien entendre.

« S’il y a malentendu et divergence d’interprétation, c’est qu’il y a une altérité préalable qui distingue les gens entre eux. L’échange interpersonnel présuppose toujours l’altérité. La communication n’est donc pas première elle est la tentative de réduire une différence qui la précède. La divergence est donc dans la communication elle-même puisque cette divergence – cette altérité – est une caractéristique intrinsèque des être humains qui communiquent ». (J.-M. LE BOT, 2002). Et si l’acte de communication « rapproche les points de vue », transforme l’altérité, entraîne la mutation des savoirs par exemple, l’altérité persiste toujours, car les personnes demeurent différentes ! « Autrement dit, la communication interpersonnelle peut très bien réduire la différence, elle ne parvient jamais à l’annuler » (Urien, 1996). C’est bien là que se situe le paradoxe de la communication car en quelque sorte « on ne communique que de ne pas se comprendre » !

 

La collaboration professionnelle

L’anthropologie clinique dite Théorie de la Mediation nous apprend que la négociation des frontières de compétences (mais aussi d’appartenances) est le processus par lequel s’élabore la collaboration professionnelle. Mais celui-ci suppose de ne pas nier cette capacité de chacun, quelque soit son rôle et sa fonction (sa place), à pouvoir contribuer. Or, c’est déjà là que, souvent, le « bas blesse » dans les organisations. Les interventions de KOKORO-PLL consistent à réfléchir sur, à comprendre et à prendre conscience de, ce qui, dans le quotidien du travail, empêche la communication et par-delà cette collaboration pourtant essentielle au bon fonctionnement de l’organisation. C’est de là, aussi, que peuvent émerger des solutions individuelles et/ou collectives nouvelles afin d’améliorer la performance du service rendu.

Les violences dans l’organisation

La montée de la violence dans l’organisation et avec elle de souffrances est constatée. Qu’elle vienne des usagers, des clients,…(violence dite externe) ou qu’elle vienne de ses collègues ou de sa hiérarchie (violence dite interne) elle n’est pas une fatalité ! La violence prend plusieurs formes qui font souffrir ceux qui la vivent et la subissent comme telle. Elle peut être symbolique, physique, sociale,… Qu’elle qu’en soit la forme, ces violences émergent dans des contextes où les relations se cristallisent dans des rapports conflictuels. Il convient de prendre du recul et de comprendre ce qui dans ces systèmes de relations favorise les violences qui peuvent être lourdes de conséquences. Une meilleure compréhension individuelle et collective est déjà un premier pas pour envisager les solutions. Les réactions à ces dernières sont elles-mêmes très variées et peuvent être inadaptées, inappropriées et néfastes. Chacun doit prendre conscience des jeux et des enjeux souvent silencieusement et même invisiblement en œuvre entre ceux qui infligent et ceux qui subissent et ressentent les violences insidieuses et polymorphes. C’est une des premières étapes de l’intervention que de mettre en perspective critique l’état des choses via une posture clinique, autrement dit, intégrant la subjectivité des acteurs. Ceci débouche sur un diagnostic partagé à partir duquel un cadre et des orientations sont fixées pour un accompagnement vers des solutions organisationnelles, relationnelles,… Il s’agit de développer ses capacités à évincer ou à mieux maîtriser ces violences. Ceci passe, entre autre, par l’ouverture d’espaces réflexifs critiques, en donnant la possibilité d’une respectueuse « dispute professionnelle ».